☕ Leaves Café – un dimanche suspendu
☕ Leaves Café – un dimanche suspendu
Douce musique lo-fi.
Le bruit d’un ventilateur mal ajusté accompagne les clients du café.
Elles s’affairent. Un espresso pour monsieur, un latte pour sa compagne. L’odeur sucrée et grillée qui flotte dans l’air trahit la sortie fraîche du four : les scones aux framboises sont chauds.
Le couple les reçoit comme une offrande et quitte le petit commerce, le cœur un peu plus léger.
Il ne reste qu’une cliente : une jeune étudiante asiatique.
Elle sirote un matcha glacé, tapotant doucement les touches de son ordinateur portable.
Pendant ce temps, les deux employées échangent à voix basse.
De quoi parlent-elles ?
Échangent-elles des secrets ?
La conversation cesse quand la barista aux traits perses prépare un latte pour un nouveau client.
Elle mousse le lait avec lenteur, lui laissant tout le temps de se gonfler d’air et de chaleur.
Sa collègue — une petite rouquine — la regarde.
Sa camisole bleutée met en valeur ses cheveux de feu, tandis qu’elle nettoie le comptoir avec soin.
Puis la discussion reprend.
Telles deux complices exotiques, leurs regards se verrouillent, longs, soutenus.
Quelques secondes peut-être… mais remplies de quelque chose d’autre.
Un homme s’installe, absorbé par l’écran de son ordinateur.
À sa droite, une nouvelle cliente prend place.
Ils sont désormais trois à exister, un instant, dans ce lieu discret qui veille à leur offrir chaleur et silence.
La rouquine tient son propre breuvage à deux mains.
Son thé repose dans ses paumes, tel un oisillon fragile et tiède qu’on aurait recueilli au sol.
Toujours en conversation, ses doigts jouent nerveusement avec l’anse de la tasse.
Leur amitié cache-t-elle autre chose ?
Une tension qu’on ne saurait avouer, peut-être ?
La musique change. Plus lente. Plus intime.
Ce dimanche, au Leaves Café, il flotte un petit quelque chose.
Au-delà de la physicalité des tasses, des claviers et des boissons,
l’invisible est éblouissant,
et son écho résonne à l’infini entre les murs feutrés du petit café.
Jonathan
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